LA DAME VERTE NOUS PARLE DES ESPRITS DE PLANTES
Par définition les esprits sont invisibles, alors de quelle beauté est-il question chez les esprits des plantes ?
Il s’agit de la beauté sacrée que seuls émanent les êtres qui sont dans un authentique élan d’amour inconditionnel, de bonté innocente et de générosité gratuite, de partage de leur médecine sans rien attendre en retour.
Connaissez-vous cette qualité de pureté dont je vous parle ? Très certainement car c’est ce que diffusent constamment les esprits des plantes partout et en toute saison, à tous les enfants de la Terre (qu’ils soient humains, animaux, minéraux, féériques et mêmes à d’autres végétaux).
Pourquoi j’insiste sur le mot « ESPRIT des plantes », plutôt que de juste parler des plantes VISIBLES dans leur beau corps tissé de fibres végétales ? Certes toutes les plantes visibles sont magnifiques, et dotées de nombreuses propriétés thérapeutiques. Nous les utilisons aussi pour teindre, tisser, nourrir et j’en passe.
Toute cette multiplicité d’usages des plantes laisse entrevoir leur capacité spirituelle à se mettre au service de toute forme de vie. Car même les plantes vénéneuses peuvent guérir lorsqu’on sait bien les doser et les utiliser de manière appropriée, avec précaution. Les puissants pouvoirs des poisons végétaux sur la vie font si peur que l’accès à ces connaissances est depuis longtemps bien caché, presque tabou.
Mais le fait que les plantes ont un esprit est un sujet encore plus tabou, car chacun ne ne croit que ce qu’il voit. Et les esprits sont invisibles n’est-ce pas ?
Mais lorsqu’on emprunte la voie sacrée des plantes nous rencontrons tôt ou tard des esprits qui nous enseignent des savoirs anciens et sacrés. Les portails que nous ouvrent les esprits de plantes nous mènent à la transcendance, et ce qu’ils offrent va bien au delà des bienfaits de l’herboristerie classique. Les végétaux sont à portée de main, ils nous attendent tout le long du chemin pour nous montrer comment germer, puis éclore et granifier pour semer à notre tour la beauté de demain. Les esprits végétaux sont très différents des autres types d’esprits qui peuplent les mondes invisibles, plus anciens, équilibrés et verticaux, plus subtiles et magiques.
Voici comment j’ai rencontré les esprits de plantes …
Premières rencontres avec des esprits d'aubépine
Depuis toute petite j’ai toujours été fascinée par les plantes, je jouais et dansais avec certaines d’entre elles dans la pâture de mes grand-parents. C’est ainsi que très jeune, j’ai tissé des liens secrets avec l’esprit de l’aubépine, pour ne citer qu’elle. J’ai gardé ce lien secret car je ressentais à quel point ce que je vivais était précieux et qu’il ne serait pas donné à tout le monde de comprendre.
Mon papi m’observait d’un œil intrigué me glisser sous les buissons d’épines blanches et ma mamie m’appelait sa petite sauvage quand je revenais me blottir dans ses bras. Mes cousins et ma cousine à peine plus âgés que moi étaient plus ouverts d’esprit. Ils m’ont quelques fois suivie dans ces épais buissons épineux qui ne nous ont cependant jamais piqués. Nous y étions si bien, comme enveloppés d’amour, en totale protection. Dans ces buissons odorant, je percevais la présence d’êtres lumineux de nature féminine, qui interagissaient avec moi. C’était très agréable. J’avais la sensation d’avoir toujours connu cela, d’être hors du temps.
Mais ce n’était pas qu’un rêve d’enfant, car au fil des années, j’ai continué ma quête des plantes et à l’âge adulte j’ai découvert que ces aimantes amies d’enfance, étaient en fait « DES ESPRITS d’aubepine ». Mon coeur aspirait à les retrouver, à percer leur mystère et découvrir d’autres esprits de plantes.
Plongée dans le chamanisme, la clef des mondes invisibles
A l’âge adulte cette quête me mena naturellement au chamanisme amérindien, une forme de chamanisme majoritairement centré sur les esprits des animaux, des minéraux, des ancêtres, des anges … mais trop peu à mon goût sur les plantes. Je n’avais jamais prémédité d’apprendre le chamanisme, mon chemin m’y a simplement menée de manière naturelle, d’une expérience à une autre.
On m’expliqua que chaque forme de vie est dotée d’un esprit qui lui confère son intelligence reliée au grand plan divin. Au fil de mes initiations chamaniques, j’ai appris à développer mes sens subtiles et moduler mes fréquences cérébrales pour entrer dans le plan de conscience des esprits, ce qu’on appelle « les mondes invisibles« , c’est à dire là où vivent les esprits.
J’y ai rencontré des esprits de toutes sortes, au début certains d’entre eux n’avaient pas de forme définitive. Mais j’ai appris que cela était dû à la capacité limitée de mon cerveau à concevoir leur vraie nature. Ils nous apparaissent alors d’une façon « acceptable » par notre niveau de conscience.
C’est un état transitoire, le temps que notre cerveau accepte de s’ouvrir un peu plus à l’inconnu. Donc parfois ce que l’on perçoit peut-être flou, furtif ou variable. Ce n’est qu’une étape, car plus on persévère dans cette apprenti-sage hors du temps, plus la conscience s’éveille et devient capable de sentir, voir, entendre clairement les esprits.
J’étais à nouveau capable de voir l’invisible et de communiquer avec des esprits comme lorsque j’étais petite.
Mais mes premiers esprits amis (on dit « esprits alliés » ou « guides » en chamanisme) n’étaient pas des animaux …
Des années plus tard, j’ai rencontré en Irlande la merveilleuse Beauty Plant Dreamer qui m’a initiée à la Plant Spirit medicine celtique, la médecine sacrée des esprits des plantes.
Cette rencontre allait changer ma vie. Beauty accepta de me prendre comme apprentie et elle m’enseigna tout ce dont mon cœur avait toujours rêvé. Cette initiation me reconnecta à d’anciennes traditions spirituelles profondément ancrées dans mon âme, au sein desquelles les esprits de plantes jouent un rôle sacré.
Mon initiation celtique devait initialement durer 4 ans, tout au long desquels mes compétences furent évaluées. Mais Beauty reçut plus tard la guidance d’une 5ème, 6ème et 7ème année. C’est ainsi qu’un jour je fus certifiée praticienne chamanique en Plant Spirit Medicine.
Mais ce n’était qu'une étape, car avec les esprits des plantes il n’y a jamais de fin.
Les esprits des plantes nous emmènent toujours plus profondément vers le sacré. Leur monde est si riche, si beau, si troublant. Voyez comme elles embellissent tout endroit où elles s’installent. Fréquenter les esprits de plantes nous enseigne la profondeur, le véritable amour et nous fait prendre conscience de la valeur inestimable de notre propre médecine.
Lors de cette longue initiation au chamanisme celtique et à la médecine sacrée des plantes, j’ai pu constater maintes fois que les esprits des plantes nous connaissent mieux que nous-même. Lorsqu’ils se présentent à nous, leur regard transperce toutes nos carapaces et va mettre en lumière l’espace secret où notre vérité intérieure se cache.
Par exemple lorsque nous faisons bonne figure pour cacher une blessure douloureuse, un esprits de plante peut nous prendre par la main pour aller contempler cette blessure à travers son regard d’amour inconditionnel. Alors l’esprit de la plante s’occupe de cette blessure secrète, c’est-à-dire qu’il la soigne, non par de simples tisanes, mais avec toute la médecine spirituelle qui est spécifique à son espèce végétale.
Cette médecine holistique peut prendre de nombreuses formes. Elle est parfois bouleversante. La plant spirit médicine (médecine des esprits des plantes) est un art et un chemin d’émerveillement !
Les esprits des plantes savent même lire dans notre âme, ce qu'elle a vécu dans d’autres existences
La nature a prévu un remède pour chaque mal. C’est une vérité absolue. Ce mal peut être spirituel, émotionnel … Les esprits des plantes sont donc aussi capables de réparer ce qui a été abimé en ces espaces temps.
Lorsqu’un esprit de plantes nous infuse et que nous acceptons de nous abandonner à lui par la danse-médecine ou d’autres pratiques sacrées, toutes sortes d’expériences extatiques peuvent être vécues, qu’elles soient :
- sensorielles (visions, perception de leur chant sacré ou paroles, sensations)
- spirituelles (état d’être transcendantal, éclosion intérieure produisant une ouverture de la conscience ou un déploiement de sa propre puissance lumineuse, développement de sagesse)
- psycho-émotionnelles (guérison de l’enfant intérieur, transmutation de limitations)
- physiques (sensations de bien-être, libération, régénération, puissance)
- Sensuelles et sexuelles (une longue extase peut être ressentie sans aucune pratique sexuelle par le simple fait d’être en fusion avec certains esprits de plante).
Lorsqu'on accepte de "se rendre" aux esprits des plantes, nul besoin de consommer des substances psychédéliques toxiques pour parvenir à ce genre d’expériences.
Celui ou celle capable de lâcher toute résistance à l’amour des esprits des plantes, et qui ose s’ouvrir à eux, recevra leurs bons soins et leur précieuse guidance.
Et pour ceux qui ne savent pas s’abandonner, les terrifiantes plantes casse-ego sont aussi là. Mais elles constituent l’artillerie lourde pour libérer des « chevaliers à l’armure rouillés » qui ne savent plus mettre leur coeur à nu.
Je ne propose pas ce genre d’approche au centre d’âme verte. Car il y a des façons plus douces et moins dangereuses d’apprendre à s’ouvrir pour éclore, même si cela peut prendre plus de temps. Rien ne presse. Il est important de ne pas nuire. L’impatience est un signe d’immaturité spirituelle. Dans la nature tout a un rythme et un ordre. Il n’est pas sage de les perturber.
"Et vint le jour ou l'idée de demeurer enfermée dans un bourgeon fut plus douloureuse que le risque à prendre pour fleurir".
Cette merveilleuse phrase de Isha Lerner m’a beaucoup aidée lorsque mon cheminement sur la voie des plantes s’avéra un peu difficile. Car la guérison spirituelle n’est pas toujours le chemin le plus confortable.
Toute plante a une médecine chamanique.
Mais alors pourquoi des incultes n’accordent-ils le nom de « plante chamanique » qu’à des plantes toxiques bien souvent exotiques ?
Il est bien dommage que les chevaliers à l’armure rouillée soient plus écoutés que les jeunes filles en fleur qui s‘allongent sous les buissons d’aubépines.
Lumière dansante des plantes